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vendredi 17 janvier 2014

Débat organisé à la librairie Grangier le 31/01/2014 avec Marie Duru.



Marie Duru, membre du groupe local Oxfam, est chercheuse à l’Observatoire sociologique du changement (entre autres …), elle vient d’écrire « Pour une planète équitable » sous titré « L’urgence d’une justice globale » dans la collection La République des Idées  au Seuil.

Elle termine son introduction par une « conviction » de Martin Luther King : « L’injustice où qu’elle soit, est une menace pour la justice, partout dans le monde ».

Marie Duru
viendra le présenter et en débattre à la librairie Grangier le vendredi 31 janvier à 17h30, avec une animation du débat par Denis Cler.

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Pour une planète équitable. 

L’urgence d’une justice globale 

(entretien avec Marie Duru-Bellat)


Pourquoi ce livre, et quelle est la thèse que vous défendez ?

Dans tous mes travaux, la question des inégalités est essentielle, et elle inclut la façon dont elles sont justifiées, notamment par l’idéologie méritocratique. Cette question de la justification des inégalités éclate évidemment au grand jour au contact des pays les plus pauvres de la planète…
Ma thèse tient en une phrase : les inégalités mondiales sont d’une telle ampleur qu’elles risquent de rendre le monde tout simplement invivable. Il faut donc s’y attaquer, non pas par pure charité ni même en fonction de considérations de justice élémentaires mais pour préserver notre planète et notre capacité à y vivre ensemble.

Que les inégalités soient condamnables, qui le défendrait …

Cela semble en effet évident. Pourtant, le contraste est spectaculaire entre notre respect proclamé de la vie, et notre tolérance tranquille au fait que dans certains pays, l’espérance de vie est de 48 ans (en Sierra Leone), alors qu’elle est de plus de 83 ans dans d’autres (au Japon). Ces inégalités ne sont guère perçues comme posant un problème majeur de justice, alors que, comme l’écrivant en 1963, depuis sa prison, Martin Luther King : « Injustice anywhere is a threat to justice everywhere1. »

Pourquoi parler strictement d’injustice ?

Pour deux raisons essentielles. D’une part parce qu’une part importante de votre revenu dépend du pays où vous avez la chance ou la malchance de naître, alors que vos efforts et votre mérite personnel revêtent un poids bien plus faible, ce qui nous interroge, nous autres biberonnés à l’idéologie de l’égalité des chances qui veut que chacun ait ce qu’il mérite…

D’autre part, parce que tout débat sur la justice inclut (même s’il ne s’y limite pas) un questionnement en termes de responsabilité. En la matière, même si les points de vue divergent quant aux poids relatifs des facteurs locaux et internationaux dans la pauvreté mondiale, peu de spécialistes exonéreraient les pays riches de toute responsabilité en la matière… On est donc bien fondé à parler d’injustice, et ces questions sont largement débattues par les philosophes anglophones qui se retrouvent sous la bannière de la global justice.

S’opposent alors les « étatistes » et les « cosmopoliticiens »…

« L’injustice, où qu’elle soit, est une menace pour la justice, partout dans le monde. »

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